L'abbaye


Histoire

Cluny fut fondée en 910 grâce à un don de Guillaume d'Aquitaine. L'abbaye fut donnée à Bernon, abbé de Baume, pour y fonder un monastère de douze moines vivant sous la règle de saint Benoît. La nouvelle abbaye dépendait directement du Saint-Siège, échappant ainsi à toute autorité seigneuriale ou épiscopale. L'abbé était élu en toute indépendance par les moines. Cette autonomie ainsi qu'une lignée d'abbés de tout premier plan -Maïeul (948-994), Odilon (994-1059) et Hugues (1049-1109)- permirent à Cluny de prospérer. L'abbaye interpréta la règle de saint Benoît en donnant la première place à l'Office divin, avec une insistance sur la beauté de la liturgie et de son cadre architectural, ainsi qu'à l'hospitalité et à l'aumône. Les travaux manuels et l'étude passèrent au second plan, ce qui n'empêcha pas les moines de Cluny d'être actifs dans l'université de Paris au XIIIe siècle.
Le succès de Cluny ne cessa de grandir aux Xe et XIe siècles. L'abbaye, qui attirait beaucoup de vocations, fut sollicitée pour de nombreuses fondations, et d'autres monastères l'appelèrent pour les aider à se réformer. Au début du XIIe siècle, Cluny était à la tête d'un ordre qui comptait 1184 monastères, disséminés dans toute l'Europe occidentale. L'abbé de Cluny fut alors un des personnages les plus puissants de la chrétienté. L'ordre exerça une grande influence sur la réforme de l'Église, apportant son aide à Grégoire VII pour renforcer l'autorité de la papauté en Occident. Mais le système clunisien avait ses lourdeurs en raison de la centralisation de l'ordre. La richesse de Cluny conduisit l'abbaye à entrer dans le système féodal. Aussi Bernard de Clairvaux, au XIIe siècle, critiqua vivement Cluny pour son attachement à l'argent et au pouvoir, et proposa une interprétation plus austère de la règle de saint Benoît. L'abbaye de Cluny disparut en 1790, lorsque les vœux religieux furent interdits par la Révolution française.

Architecture
Deux premières églises furent construites à Cluny, l'une à la fondation, l'autre dans la seconde moitié du Xe siècle. Mais c'est l'abbé Hugues qui décida en 1088 de la construction d'une nouvelle église qui témoignerait de la puissance du monastère. L'autel majeur fut consacré par le pape Urbain II en 1095 et la construction de l'abbatiale semble avoir été très rapide, même si le narthex et ses deux tours ne furent terminés qu'au XVe siècle. Jusqu'à la construction du nouveau Saint-Pierre de Rome au XVIe siècle, Cluny fut la plus grande église de la chrétienté. Elle mesurait 187 m de long (en comptant le narthex) et sa voûte en arc brisé s'élevait à 30 m. Cet édifice fut considéré comme le joyau et l'accomplissement de l'art roman bourguignon, avec son plan en croix de Lorraine aux deux transepts à bras inégaux, ses cinq nefs, ses quatre clochers, son chœur à chapelle rayonnante, son magnifique déambulatoire, la richesse de ses sculptures, en particulier celles des chapiteaux du chœur conservées aujourd'hui au musée de l'abbaye et représentant les huit tons du chant grégorien.
Il ne subsiste aujourd'hui de la grande église de Cluny qu'un seul clocher avec le bras sud du grand transept. Elle fut démolie entre 1798 et 1823, victime du vandalisme et de la cupidité des marchands. Cependant, de nombreuses églises furent construites sur le modèle de Cluny dans les diverses fondations de l'ordre et conservent aujourd'hui le témoignage du roman clunisien : Saint Marcel-lès-Chalons, Romainmôtier, la Charité-sur-Loire, Souvigny.



Source : http://membres.multimania.fr

 

L'Abbaye de Cluny

Document d'appel 2012

 

Free template 'Colorfall' by [ Anch ] Gorsk.net Studio. Please, don't remove this hidden copyleft!